BIOGRAPHIE DE NIRVANA

NIRVANA
une fin de siècle américaine

de Stan Cuesta

CASTOR ASTRAL

Prix : 19 €

Une chronique intelligente (le journaliste a réellement lu le livre) (c'est très rare)

Une autre (Zicline)

Le site des fans français, TotalNirvana, parle du livre (voir aussi leur forum, très actif)

 

Vous pouvez l'acheter sur

 

Un texte que j'avais écrit pour l'intro mais qui n'a pas été, comment dire, retenu...

Des livres sur Nirvana et sur Kurt Cobain, on tape dans un arbre, il en tombe des dizaines. Alors un de plus ? Et bien, oui, c'est comme ça. Parce que, finalement, de quoi parlent, le plus souvent, tous ces livres ? De Kurt, bien sûr, du personnage Cobain: enfant du divorce, adolescent punk révolté, junkie dépressif, héros de la 'génération grunge', phénomène de société (de foire, aussi), suicidé mythique, etc. Mais le succès de Nirvana ne tiendrait-il qu'à cela ? N'oublie-t-on pas quelque chose ? Ah oui, la musique… Et oui, comme d'habitude, les journalistes, critiques, auteurs qui parlent de rock parlent de tout sauf de ça : la musique. Parce que, tout de même, il est là, le talent de ce groupe et de son leader et principal auteur-compositeur : dans une poignée de chansons formidables et incomparables.
Moi, je n'y peux rien, c'est ça qui m'intéresse : la musique. Je laisse le people aux autres. Il y a des choses que vous ne trouverez pas dans ce livre, comme le poids de Kurt à sa naissance (pourtant je le connais, tiens, la preuve, il faisait 3 kg 500), l'histoire de son premier shoot d'héroïne, les derniers jours de sa vie détaillés heure par heure, etc.
Bien sûr, son suicide a défrayé la chronique, traumatisé nombre de fans et l'a fait entrer au panthéon des rock casualties, ces victimes célèbres du rock, rejoignant ainsi, comme le disait tristement sa mère, ce " club stupide " des rock stars mortes à 27 ans : Janis Joplin, Brian Jones, Jimi Hendrix, Jim Morrison… Mais ce n'est pas pour cette raison que Nirvana reste le plus grand groupe de la fin du XXième siècle : ce statut, il l'avait déjà acquis du vivant de Kurt, et pour de 'bonnes' raisons. Et non, je ne fais pas partie de ceux qui pensent qu'il faut mourir jeune pour avoir droit au titre de génie. A l'heure où j'écris ces lignes, Bob Dylan, Neil Young, Keith Richards, Pete Townshend et bien d'autres sont toujours en vie. Et John Lennon, un des héros de Cobain, est mort à 40 ans : imaginez qu'il ait rejoint le club, qu'il nous ait quitté à 27 ans. Pas de " Happiness is a Warm Gun ", pas de " Come Together ", ni de " Working Class Hero ", " Imagine ", " Jealous Guy ", etc.
Kurt Cobain, avec son talent, avait encore de grandes choses à dire, de grandes chansons à écrire, dans un genre peut-être différent, annoncé par la magnifique séance Unplugged et par ses déclarations encensant R.E.M. et parlant d'une collaboration avec son leader, Michael Stipe.
Alors, non, il ne sera pas question ici du mythe romantique du poète suicidé. Par contre, je vais vous parler, entre autre, de ses goûts musicaux (ainsi que de ceux de Krist Novoselic et de Dave Grohl et d'autres acteurs principaux de l'histoire), que lui-même ne se lassait jamais de dévoiler, espérant ainsi profiter de sa notoriété pour donner un coup de projecteur sur des artistes, souvent obscurs, qu'il admirait. La musique le passionnait et il aimait faire partager cette passion. Ses interviews, ses écrits divers (particulièrement ceux publiés dans son Journal) le prouvent. Et pourtant, on n'en fait finalement que peu de cas. Un exemple ? Il cite les Vaselines, nous les présente comme le meilleur groupe du monde, reprend trois (trois !) de leurs morceaux tout au long d'une discographie finalement assez courte. Et puis quoi ? Tout le monde fait " Ah oui, les Vaselines, c'était sympa, ouais, le groupe que Cobain aimait bien, bof… " Et essayez de trouver un de leur disque aujourd'hui en magasin. Bon courage. Les auteurs les citent rapidement et puis passent à autre chose, d'un air de dire " ouais, bon, on s'en fout, passons au scandale de Courtney se droguant pendant sa grossesse, ça c'est chouette ". Moi, je me suis dit comme ça que j'allais écouter les Vaselines. Et tous les autres. Pour voir. Essayer de trouver quelque chose, de comprendre quelque chose aussi, peut-être, qui sait ? Des groupes hardcore oubliés. De la pop étrange. Des dingues allumés. Du gros hard rock ricain. Tout ce qui a façonné le son Nirvana, qui a inspiré Cobain et ses acolytes. Et devinez quoi ? J'ai fait des découvertes incroyables. Des artistes dont je lisais les noms en me disant, comme beaucoup, OK, encore un taré sans talent qui fait du bruit insupportable pour montrer qu'il existe. Daniel Johnston, par exemple. Il y a de grandes chances pour que ce livre ne me permette pas de m'acheter une villa avec piscine au Cap d'Antibes. Peut-être plutôt juste de quoi me payer un abonnement d'un an à la piscine Champerret (il y a un chouette toboggan). Mais ça n'est pas grave, parce que j'ai découvert Daniel Johnston. Et rien que pour ça, ça valait le coup. Et c'est quand même pour ce genre de raisons qu'on fait ce métier (?), au départ.
Alors, merci pour tout, Kurt. Je transmets.